Votre serviteur poste depuis Anvers, Belgique, où avec une certaine joie je retrouve mes racines fafs flammandes. Ma famille de blondes chante un hymne nationaliste , dans ces moments on ne peut que regretter son métissage blafard chatelet-connexion qui quelque part bloque l'identification à ce fier peuple germanique. Cependant à peine je me retrouvais face à mon traditionnel moules-frites-bière d'arrivée sur le sol belge, qu'une vague de réconfort m'envahissait: je me sentais chez moi, enfin.
Sinon il ne vous aura pas échappé que je ne blogue plus, ce qui est surement lié au sentiment de honte qui me prend quand je relis mes quelques tentatives d'ébauches de posts.
C'est que avant de venir à Paris je m'étais dit que, Paris étant un milieu très hostile: une ville très chère, remplie de gens baddants avec lesquels il faut apprendre mentalement à gérer le contact, tous ces tourniquets à sauter, ces chemins à se frayer au milieu de la foule de touristes permanente qui manifeste passivement son désir de consommer, ce traffic routier extrêmement dangereux qui provoque un stress latent permanent; bref je m'étais fait l'idée que Paris étant un endroit extrêmement hostile où chaque instant est sujet à une lutte, cela rajeunirait mon cerveau mieux qu'un jeu DS qui devant toutes ces difficultés serait de façon permanente enjoint à calculer et réfléchir comment se sortir de toutes ces situations désagréables.
Et mieux qu'un service militaire en Afghanistan, ou qu'un stage chez des moines bouddhistes en Asie, une année de misère à Paris devait me parer et me remplir de sagesse pour toute une vie, me permettant d'affronter la faim, la ruine, la maladie et la mort.
Mon cerveau devait:

1: augmentation de la puissance de calcul de mon cerveau à force de prévoir des trajets en métro
2: patience envers autrui née du fait d'être obligée d'écouter des péteux à longueur de journée
3: accroissement de l'altruisme car misère et donc entraide
4: savoir augmenté en sciences humaines par la fréquentation d'une des meilleures université de france
5: esthétique démultipliée par la fréquentation de galeries
Ce que je n'avais pas prévu, c'était la charge d'informations inutiles et de discussions misérables qui allaient en réalité petit à petit avoir raison de mon esprit, exemples:
un jour de shopping avec pince:
-toutes les filles de ma classe portent des serre-tête, le pire c'est qu'elles en changent tous les jours
-tu veux dire, comme Blair?

-oué c'est un peu le même délire. oh vise ce veston doré, c'est trop un truc que Serena pourrait porter!
un samedi matin vers 15 heures
-allo oué tu me réveilles je viens de rentrer
-ah bon Gue? t'as couché avec qui?
-personne par contre des gens de ma classe ont baisé à côté de moi. Je me sens plus proche d'eux maintenant. Pardon je ne parle que de moi et toi t'as couché avec qui?
-je suis allé en boite gay j'ai ramené un mec un espagnol, il est parti vers 6heures. Tu sais qu'aujourd'hui, on est dans la même ville que Lady Gaga, elle passe au Queen ce soir!
- j'espère qu'elle amènera les chaussures de ouf de son dernier clip
-ah oui celles qu'elle a piqué à Alexander macqueen

-Alexander mc queen?
la directrice du master
-oooh vous êtes trop mignonnes les filles comme ça! je vais vous prendre en photo avec mon nouveau petit truc (sort son iphone)!!
-sourires figés dans une scène benetton d'une brune d'une blonde et de moi même
Je vous passe les histoires qu'on m'a raconté sur les macarons ladurée que sophia coppola est allée chercher herself à Paris pour son film Marie antoinette et qui sont même des guest stars réguliers dans la série "sex and the city".
En fait surement que si ces dernières années le cahsmere, les iphone, la haute couture, les sacs longchamps, les manteaux en laines, les macarons et tout le bordel sont redevenus si importants dans notre culture c'est probablement parce qu'il y a de plus en plus de pauvres et que le goût pour la distinction prend du coup une place de en plus importante dans nos vies, début 20ième style. parfois c'est vrai je trouve ça un peu paradoxal quand même.
finalement tout ça me rappelle ce film un peu pénible de gus van sant là, Elephant. Y avait cette scène marrante avec des pom pom girls qui mangent puis se font gerber aux chiottes. A Paris la vie c'est un peu cette scène, mais genre en boucle. ainsi mon cerveau:

1: dégradation progressive des facultés cognitives à cause de l'alcoolisme nécessaire pour supporter des discussions ennuyeuses
2: dégradation des capacités cognitives à cause de la drogue nécessaire pour contrer une dépression montante
3: tendance à la kleptomanie développée par le sentiment de pauvreté
4: incapacité d'écrire quoi que ce soit sans être naze, chiant et pèteux du fait d'une contamination trop aigue du langage intellos-bourgeois de la fac dans son logos
5: confusion entre ce qui est cher et ce qui est beau









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